Après un mois de soins, le Milan Royal va retrouver le ciel des Hautes-Pyrénées (DR / Hegalaldia - L. Goyenche).

Le 11 juillet dernier, sur le territoire de Campan (Hautes-Pyrénées), un Milan royal était découvert inanimé. Alors pris en charge par la Clinique vétérinaire de Juillan, ce «représentant» d‘une population en fort déclin, est actuellement soigné par Hegalaldia, centre de soins affilié à l’UFCS (Union Française des Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage) situé à Ustaritz, dans le Pays Basque. Son relâché aura lieu dans les prochains jours, à Campan, dans les environs de son site de découverte.

L’oiseau a été semble-t-il victime d‘un malaise ou d’une collision, qui sans l’assistance des découvreurs lui aurait été sans doute mortel. Ce malaise ou cette collision pourrait être notamment due à l’ingestion de produits toxiques qui entraîne si ce n’est la mort directe, une réduction des aptitudes au vol et par conséquent des réflexes, de l’oiseau. L’utilisation de beaucoup de ces produits toxiques est interdite par la Loi. En effet, la mutilation et la destruction d’espèces protégées est un délit réprimé de peines de prison. Dans le cadre du dispositif Vigilance Poison du Programme Pyrénées Vivantes, de nombreuses analyses sur des individus morts démontrent l’utilisation irresponsable et illégale de ces poisons, qui anéantissent tous les efforts de préservation des grands rapaces pyrénéens (cf. Communiqué de presse du 16 juillet).

La population de Milan royal se concentre seulement dans 6 pays européens. La France abrite la 2e population européenne et a à ce titre une lourde responsabilité de préservation. Malgré l’existence d’un premier plan national d’actions, en cours de renouvellement, ses effectifs chutent de manière vertigineuse. En France, entre 2002 et 2008, la population nicheuse a diminué de 20 %, alors même que l’espèce avait déjà connu une chute drastique de ses effectifs par le passé. Les causes sont notamment le changement des pratiques agricoles, le tir illégal, et l’emploi de la bromadiolone (cependant, non autorisé dans les Hautes-Pyrénées) ou autres produits toxiques utilisés dans la lutte contre les campagnols terrestres, principale source de nourriture du Milan royal.

Dans les Pyrénées, le Milan royal est facilement observable. Les Hautes-Pyrénées constituent un des bastions de l’espèce en France, notamment en période d’hivernage. Ce territoire, également important secteur de nidification est donc essentiel pour la conservation de cette espèce. Le cas de ce Milan royal fait craindre les effets d’une menace non identifiée pour l’ensemble des couples présents dans le secteur.

En soins depuis plus de deux semaines à Hegalaldia, cet oiseau retrouve autonomie et vigueur. Son relâché aura lieu très prochainement, aux environs de Gripp, sur la commune de Campan, en présence des acteurs qui ont concouru à lui permettre de retrouver sa liberté et des partenaires impliqués dans le plan national d’actions animé par la LPO Pyrénées Vivantes (Nature Midi-Pyrénées, Parc National des Pyrénées, Réserve Naturelle Régionale du Pibeste, Hegalaldia, DREAL Aquitaine, DREAL Midi-Pyrénées…).

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>