Devant les élus, le Ministre François de Rugy a confirmé l'arrivée de deux nouveaux ours pour début octobre (Photo DR, Préfecture des Pyrénées-Atlantiques).

Devant les élus, le Ministre François de Rugy a confirmé l’arrivée de deux nouveaux ours pour début octobre (Photo DR, Préfecture des Pyrénées-Atlantiques).

Pour les opposants à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, la réunion à la Préfecture de Pau (Pyrénées-Atlantiques) ce jeudi matin aura tourné court. Car le Ministre de la Transition Ecologique n’a pas fait mystère de ses intentions : deux ourses seront bien réintroduites en Béarn dans les prochaines semaines.

Un nouveau lâcher polémique qui devrait intervenir dès le début du mois prochain. Une décision qui fait suite à l’annonce, au printemps dernier, de la volonté d’introduire de nouveaux ours dans les Pyrénées. Alors que la plupart des animaux sont autour de l’Ariège, le Gouvernement veut apporter des femelles en Béarn pour assurer le renouvellement de l’espèce.

Mais la décision confirmée par François de Rugy ne fait pas que des heureux. Dans les vallées béarnaises, la confirmation de l’arrivée de deux nouveaux animaux début octobre n’a fait qu’attiser des tensions déjà vives.

Alors que François de Rugy rencontrait les élus et les associations à Pau, les éleveurs se retrouvaient à Asasp-Arros pour manifester leur colère. Prêts à « sortir les fusils » pour éviter de nouveaux ours, les éleveurs veulent avant tout préserver leur environnement et leurs troupeaux.

Dès l’annonce, les associations anti et pro ours ont réagi. Pour l’association Férus, «Nos organisations soutiennent fortement ce projet de renforcement dans la perspective de rétablissement d’une population pérenne d’ours dans les Pyrénées. Elles saluent la décision du nouveau ministre, qui confirme l’annonce faite par Nicolas Hulot en mars dernier, et demandent au gouvernement de faire preuve de fermeté dans la conduite de ce renforcement qui répond à des obligations morales et scientifiques autant que juridiques, l’existence d’une population viable correspondant à des engagements européens de notre pays. Nous dénonçons la violence des discours de certains opposants, refusant tout dialogue et présentant une vision caricaturale de la relation de l’homme avec son environnement qu’ils portent. Partisans convaincus du dialogue démocratique, nous demandons à l’Etat de tenir le cap face à ces tentatives d’intimidation ultra-minoritaires.»

Pour Jean-François Blanco, conseiller régional EELV des Pyrénées-Atlantiques, «c’est une excellente nouvelle et surtout une réparation de la mort des ourses sous les tirs des chasseurs. Non seulement il s’agit de sauvegarder l’espèce mais d’agir réellement pour la biodiversité comme nos engagements internationaux le prévoient (…). Le caractère équilibré et raisonnable de cette décision dont la finalité consiste non seulement à sauver l’espèce mais qui est une chance pour le pastoralisme».

L’ASPAP refuse elle cette nouvelle réintroduction confirmée, en rappelant les dégâts provoqués par les 43 ours en Ariège. «Pas un jour de passe sans qu’un ours ne soit vu sur une piste, au-dessus d’un village, près d’une cabane de berger. Un drame a été évité il y a deux mois quand une ourse a coursé un randonneur heureusement très endurant, qui a pu s’en tirer sain et sauf. Et surtout, 100 % de ces attaques ont lieu sur des troupeaux protégés : clôtures, chiens patou, berger 24/24h aucun des moyens proposés par l’Etat, seul ou combiné ne rebute l’ours qui a vite appris à les déjouer. Des centaines de brebis, de vaches bien portantes et bienheureuses au grand air des montagnes se font massacrer chaque année pour satisfaire l’appel du sauvage de 85% d’urbains ignorants de notre réalentassés sur 15% du territoire national. C’est insupportable. Et ça  ne marchera jamais, ni en Ariège, ni en Béarn. Parce que  nous sommes en France, le pays du fromage, des pâturages, des bergers, des milliers de troupeaux qui grâce à des éleveurs soucieux de leur bien-être veulent continuer à laisser vivre leurs vaches et leurs brebis là où elles sont heureuses, en tout cas jusqu’à ce qu’un ours slovène vienne les dévorer vivantes elles et leur petit !»

Pyrénéesinfo Pau, Eric BENTAHAR.


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