Le président de la CC du Canton d'Ossun veut s'allier à son homologue de Gespe Adour Alaric, voire au Maire de Tarbes, plutôt que d'être englobé dans une grande agglomération Tarbes - Ossun - Lourdes (Archives).

Le président de la CC du Canton d’Ossun veut s’allier à son homologue de Gespe Adour Alaric, voire au Maire de Tarbes, plutôt que d’être englobé dans une grande agglomération Tarbes – Ossun – Lourdes (Archives).

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège, avait surpris tout le monde lors de sa conférence de presse de rentrée en annonçant réfléchir à un départ de la ville de Tarbes de l’agglomération du Grand Tarbes, et en proposant de rejoindre la Communauté de communes du Canton d’Ossun (CCCO).

Une semaine après la présentation, par la Préfète des Hautes-Pyrénées, d’une nouvelle carte des intercommunalités, la CCCO s’exprime via un communiqué de presse. Un communiqué franc et précis pour expliquer longuement pourquoi les élus du canton d’Ossun rejètent à l’unanimité la fusion des communautés du Grand Tarbes, du Canton d’Ossun et du Pays de Lourdes pour une grande agglomération Tarbes – Ossun – Lourdes autour de l’aéroport.

Rappelant les réussites économiques de leurs actions depuis vingt ans au profit de l’emploi et du développement des entreprises, ils écartent l’idée d’une fusion en termes clairs : « Pourquoi et au nom de quoi venir casser ce qui existe et fonctionne bien, démonstration à l’appui depuis déjà deux décennies, pour mettre en place une grosse structure ingouvernable, endettée et budgétivore ? », explique le président de la CCCO Michel Ricaud, dans son communiqué.

Si les élus refusent la grande agglomération, ils entendent bien se conformer à la loi en réunissant leurs forces avec la Communauté de communes Gespe Adour Alaric… voire avec la ville de Tarbes ! « Au pire, car ce sont d’abord des bâtisseurs et non des démolisseurs, si les élus du canton d’Ossun n’étaient pas entendus, ils n’écarteraient pas la possibilité d’accueillir en leur sein la Ville de Tarbes, le Maire de Tarbes ayant eu l’honnêteté de reconnaître la qualité du bilan et le dynamisme de leur intercommunalité. La porte n’est pas fermée dans la mesure où cette option est toujours préférable à la dilution de cette Communauté, de ses ressources et de son projet dans une grande agglomération déjà promise aux querelles intestines… »

Voilà de quoi alimenter un débat déjà largement sur la place publique.

Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR.

Voici le communiqué intégral du président de la CC du Canton d’Ossun

« La CCCO n’a pas dit son dernier mot !

Les élus du canton d’Ossun n’ont pas attendu la présentation du Schéma départemental de coopération intercommunal par l’Etat pour débattre des effets de la Loi NOTRe et prendre, le 17 septembre dernier, à l’unanimité des votants, une délibération rejetant la grande agglomération Tarbes-Ossun- Lourdes, dans laquelle ils ne se reconnaissent pas et qui viendrait, d’un coup de gomme, effacer le bilan très positif de 20 ans d’intercommunalité sur le canton d’Ossun. Puisque le débat est ouvert sur la violence faite aux territoires par ce Schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI), les élus du canton d’Ossun ont décidé, sans attendre, de s’exprimer les premiers…

La Loi NOTRe n’obligeait en rien les services de l’Etat à proposer la création de cette énorme structure, mi-urbaine, mi-rurale, de 70 communes et 120 élus. De fait, la copie pourrait être améliorée en conservant une agglomération tarbaise et une communauté lourdaise, élargies et renforcées, tout en maintenant une intercommunalité rurale de plus de 17 000 habitants (comme celle de Bagnères aujourd’hui) issue de la réunion des Communautés d’Ossun et de Gespe Adour Alaric, qui partagent déjà ensemble du personnel, une action d’aide à la rénovation des habitations (OPAH GAZ) et des politiques territoriales (sentiers de randonnées, etc.) au sein d’un même « Pays ».

Pourquoi et au nom de quoi venir casser ce qui existe et fonctionne bien, démonstration à l’appui depuis déjà deux décennies, pour mettre en place une grosse structure ingouvernable, endettée et budgétivore ?

C’est le Projet qui fait le territoire et non le découpage administratif ou politique et ce projet, pour réussir, doit être porté et partagé. Les élus du canton d’Ossun souhaitent rappeler avec force que leur action intercommunale, volontariste et solidaire, a permis la création nette de 1 500 emplois entre 1999 et 2009, soit 30% des emplois créés en Hautes-Pyrénées et que sur cette même période chaque euro investi par le Conseil général de l’époque sur Pyrène Aéro Pôle lui en a rapporté 4 en fiscalité professionnelle. Cette « petite » Communauté, qui a investi plus de 25,0 M€ dans le développement économique de la zone aéroportuaire, est ainsi capable aujourd’hui de : mobiliser 1,0 M€ auprès de ses Communes pour favoriser la mise en accessibilité (handicapés et personnes à mobilité réduite) de son territoire (bâtiments et espaces publics), lancer la réalisation de 2 crèches intercommunales et être la 1ère Communauté des Hautes-Pyrénées à élaborer son Plan Local d’Urbanisme intercommunal : faut-il jeter tout cela au panier pour accueillir des centres d’appels fantômes à grand coup d’aides publiques ?

Il manque à peine 2 100 habitants (données INSEE 2012) à la CCCO, qui en fait en compte déjà plus de 13 700, pour satisfaire aux critères de la Loi NOTRe et proposer un projet alternatif aux élus de la Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI). En poursuivant ses contacts et ses rencontres avec la Communauté voisine de Gespe Adour Alaric et les communes limitrophes, la CCCO entend bien atteindre et dépasser le seuil des 15 000 habitants…

Au pire, car ce sont d’abord des bâtisseurs et non des démolisseurs, si les élus du canton d’Ossun n’étaient pas entendus, ils n’écarteraient pas la possibilité d’accueillir en leur sein la Ville de Tarbes, le Maire de Tarbes ayant eu l’honnêteté de reconnaître la qualité du bilan et le dynamisme de leur intercommunalité. La porte n’est pas fermée dans la mesure où cette option est toujours préférable à la dilution de cette Communauté, de ses ressources et de son projet dans une grande agglomération déjà promise aux querelles intestines…

Cette grande agglomération, qui se traduira par de spectaculaires hausses d’impôts pour les entreprises et les habitants du canton d’Ossun, viendra aussi condamner les efforts des communes et des territoires ruraux d’Ossun, de Gespe Adour Alaric, mais aussi de la Haute-Bigorre et de la Vallée des Gaves pour piloter leurs politiques contractuelles (économie, tourisme, culture, services aux populations…) et bénéficier des aides européennes (FEADER).

Il ne faudrait pas, dans ce petit Département, détruire les dynamiques territoriales qui contribuent à en faire la force et la richesse et c’est pourquoi les élus du canton d’Ossun, en sonnant la révolte contre ce Schém,a qui bafoue le droit des territoires à s’administrer librement, espèrent bien être suivis par de nombreux autres élus d’intercommunalités et de communes rurales dont l’action de proximité, au service des entreprises et des habitants, et non de calculs politiciens, est ainsi méprisée ! »

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