Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale Front de Gauche Midi-Pyrénées (Pyrénéesinfo Tarbes, Archives Eric BENTAHAR).

Les conseillers régionaux de Midi-Pyrénées étaient réunis la semaine dernière en assemblée plénière pour l’adoption du Budget 2013 du Conseil Régional. Lors des discussions, le Front de Gauche a décidé de s’abstenir dans une large majorité. Voici les explications de ce vote par Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale Front de Gauche.

« Le groupe Front de Gauche laissera la liberté de vote à ses élus. Une majorité du groupe ne votera pas le budget 2013 et le manifestera par l’abstention ou le refus de prendre part au vote dans un cadre qui  parait tronqué. Deux voteront pour.

Notre vote est d’abord l’expression du refus du cadre budgétaire national  et de l’austérité qui nous est imposé. Cela nous a conduit à déposer un amendement pour mandater le Président de région afin d’obtenir de l’Etat le remboursement des 197 millions d’euros de charges nettes non compensées. Son adoption constitue pour nous un point d’appui pour toute la majorité régionale.

Ce refus ne repose pas sur un quelconque manichéisme, mais sur le fait que cinq années de casse des politiques publiques et de décentralisation imposées au forceps, sans moyens financiers correspondant, nous ont appris qu’il ne pouvait y avoir relance de la croissance dans cette logique- là ! Constatons que c’est pourtant l’orientation réaffirmée par Jean Marc Ayrault mardi avec son objectif de diminuer de plus de 3 points de PBI le poids de la dépense publique.

Notre groupe fait partie de cette majorité; nous avons participé à l’élaboration de ce budget 2013, aujourd’hui même au travers de nos amendements (sur la tarification scolaire, sur le remboursement des aides extra légales aux lycées privés…) notre souci premier a toujours été et reste de rendre la politique régionale la plus socialement utile,  pour répondre au besoin des populations et des territoires fortement impactés par la crise.

Notre vote constitue ensuite un signal d’alerte. Nous aurions aimé pouvoir voter un budget qui relance nos interventions et  dessine à l’échelle régionale, un « cordon sanitaire » contre l’austérité. Cela n’est pas le cas.

Car dès cette année, même si nos principales politiques sont maintenues, même si notre groupe FDG a obtenue des avancées par rapport au budget initial,  nous regrettons le resserrement des politiques régionales notamment dans leur dimension territoriale. Nicole Fréchou dans son intervention, parlait de l’éducation populaire, de la culture, de la politique de la ville, de l’agriculture ou de l’action sociale. Elle évoquait encore le développement de certaines politiques au détriment des prérogatives de l’Etat ; je pense à la formation professionnelle.

Une partie du mouvement  syndical parle d’un budget à l’ « ambition trop mesurée, trop soucieuse de préserver l’avenir », qui par trop de prudence contrarie une dynamique  que les acteurs économiques, sociaux, associatifs et culturels attendent. Et qu’un recours à l’emprunt ou à la diminution de l’autofinancement pourraient permettre. Cela résume bien notre état d’esprit.

Je voudrais enfin dire que notre groupe continuera à agir avec sa spécificité,  son autonomie en même temps que sa volonté de rassemblement de la majorité régionale pour une politique de gauche au service des Midi-Pyrénéens.»

Pyrénéesinfo Toulouse, E.B.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>