La construction du mur à Séméac a provoqué la réaction de nombreux partis de gauche (Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR).

La construction du mur à Séméac a provoqué la réaction de nombreux partis de gauche (Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR).

Le parti Communiste des Hautes-Pyrénées, les associations d’accueil pour les migrants… Ils ont été nombreux à réagir après la construction d’un mur devant l’entrée du futur centre d’accueil de migrants à Séméac (Pays de Tarbes). Voici leurs communiqués.

RESF 65. « Depuis plusieurs mois, le projet de transformation de l’hôtel Formule 1 de Séméac en centre d’accueil pour demandeurs d’asile suscite commentaires et passions. Les peurs et les fantasmes ont été entretenus par les services de l’État qui ont œuvré dans la plus grande opacité, sans aucune concertation avec les élus locaux ni les acteurs associatifs. En d’autres lieux du département ou de la région, d’autres centres d’accueil ont été créés, sans drame ni crise. L’intervention d’acteurs bénéficiant de l’expérience de ce genre d’implantation aurait permis d’informer et d’apaiser les populations. Cela n’a pas été fait et on aboutit à une situation particulièrement préoccupante, où les discours alarmistes et parfois xénophobes ont pris le pas sur le dialogue et la réflexion. Dans la nuit du 23 au 24 juillet, un collectif auto-proclamé de riverains a monté un mur afin de bloquer les travaux de ce centre d’accueil. Nous, militant-e-s des Droits de l’Homme, agissant au quotidien pour ces femmes, ces hommes et ces enfants qui cherchent asile et protection, qui fuient les guerres et les persécutions, condamnons avec la plus grande fermeté cette action. Ce symbole du mur est nauséabond et déplorable, rappelant d’autres situations et d’autres projets tout aussi violents. Nous affirmons que bâtir des ponts, et non des murs, est la seule issue porteuse d’avenir pour tous. Nous demandons instamment aux autorités de se mettre enfin à travailler avec tous les partenaires, les collectivités locales, les associations, mais aussi avec la population, pour que notre département demeure fidèle à sa tradition d’accueil, d’ouverture et d’humanité. »

Marie-Pierre Vieu, députée européenne Front de Gauche. « Les mots me manquent pour exprimer le haut le cœur et le dégoût qui m’ont assaillie quand j’ai découvert le spectacle du mur construit cette nuit à Séméac, pour barrer l’entrée de l’hôtel destiné à l’accueil des migrants.

En est-on arrivé à un tel délabrement des rapports sociaux qu’on ne sache qu’objecter cette fin de non recevoir, à une question du vivre ensemble qui désormais nous concerne tous ? En est-on arrivés à une telle indigence des pouvoirs publics locaux qu’on accepte que les habitants d’un quartier usent de tels procédés pour faire valoir leurs revendications ? Jusqu’où cette dérive ?

Dans le contexte actuel d’instrumentalisation raciste et xénophobe de l’immigration, la décision de dresser un mur au cœur d’une commune de moins de 5000 habitants a un sens lourd, très lourd qui nous renvoie aux pires heures de notre histoire.

Et tous les arguments et peurs exprimés localement pour le justifier (par ex, voir dépréciée la zone pavillonnaire et entreprenariale environnant l’hôtel) ne tiennent pas face à la violence du symbole. Ce mur est un mur de la honte de plus !

Les migrations sont inhérentes à l’humanité. Nous sommes bien placés pour le savoir dans notre terre haut pyrénéenne. Aujourd’hui comme hier, on ne peut céder face aux discours faussement alarmistes sur la nouveauté et la dangerosité du phénomène. 1 ,5 million de migrants à la population européenne qui est de 508 millions d’habitants, soit 0,3% de la population totale, quand le Liban compte 20% de migrants sur sa population. A chacun d’en tirer ses propres conséquences !

Pour ma part, j’en tire un devoir d’humanité et de solidarité à l égard de ces hommes, femmes et enfants qui fuient la guerre, la famine et la pauvreté ; qui doit s’exprimer en terme de respect des droits de l’Homme, des pouvoirs publics qui assument l’accueil des populations, de soutien au travail des associations et ONG. »

PCF 65. « Mais dans quel pays vit-on ?

Dans la nuit de dimanche à Lundi un collectif de Séméac a érigé un mur devant l’entrée du F1, voulant ainsi protesté contre l’accueil de migrants prévu  début Août dans cet ex hôtel vendu par le groupe Accord à ADOMA ( ex Sonacotra) c’est inacceptable.

Oui ! Le projet  d’accueillir des migrants dans l’ancien hôtel F1 ai été réalisé sans concertation, notamment avec les élu(es) de Séméac, et encore moins avec la population,

Mais rien ne peut justifier cet acte honteux et déshonorant qui nous renvoie aux heures sombres de notre histoire. Quelle injure faite à l’humanité.

La question de l’accueil légitime des migrants dans la dignité, devrait être traitée par les pouvoirs publics, préfecture, conseil départemental, municipalité en concertation avec les associations telles que la CIMADE, RESF, comme nous le réclamons d’urgence, et non à une société privée qui entend s’enrichir sur la détresse humaine.

La banderole de ce collectif : Non à la fermeture  du F1 arguant la défense des emplois  de l’hôtel  ne trompe personne. C’est la peur et le refus de l’autre qui  est le ciment de cet acte odieux.

La fédération du Parti communiste s’élève contre de tels agissements qui  ne font que nourrir le contexte actuel d’instrumentalisation raciste et xénophobe de l’immigration. Elles appellent tous les citoyens attachés aux valeurs  de solidarité et de fraternité à combattre les peurs stériles et a exiger que des solutions viables soient étudiées pour accueillir dignement ces populations en détresse. »

NPA 65. « Le MUR ? Un très mauvais symbole ! Des habitants de Séméac ont cru bon de construire un mur pour protester contre l’installation de migrants a l’ancien hôtel F1. Nous tenons a réaffirmer que les migrants doivent être accueillis partout.

Le choix gouvernemental d’acheter les hôtels F1 au groupe ACCOR pour les transformer en centres d’accueil n’est pas pertinent car ceux ci sont situés à l’extérieur des villes, près des accès aux autoroutes, loin des services publics et des commerces.

Pour autant, ériger un mur renvoie au mur qui sépare les USA des l’Amérique Latine, que Trump veut encore agrandir. Et on est obligés de penser également un autre mur de la honte, celui qui sépare l’État d’Israël des colonies occupées à Gaza ou en Cisjordanie…

Donc un très mauvais symbole !

Voilà pourquoi nous participerons à toutes les actions unitaires pour nous opposer à cette construction hideuse. Et, il faut trouver une meilleure solution pour que l’accueil des refugiés se fasse dans des conditions humaines et dignes. »

Pyrénéesinfo Tarbes.

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