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André est depuis mars 2011 sous mandat de dépôt. Il est jugé en récidive pour avoir volé avec dégradation de biens d’autrui, pour deux faits différents séparés de deux ans. Cet homme de trente-sept ans a déjà dix-huit mentions dans son casier judiciaire, il est sans emploi et a des problèmes de toxicomanie.

Concernant la première affaire de 2008, le prévenu serait entré par effraction aux alentours de minuit, dans une boulangerie qu’il connaissait bien (il aurait fracturé la porte de l’immeuble, la porte de derrière de la boulangerie ainsi que le coffre) et aurait volé la recette de 2 000 euros. Sur place, des gants ont été retrouvés ce qui a permis l’identification du prévenu déjà connu des services de police. Lors de l’interrogatoire, André minimisera les faits. Aujourd’hui il reconnait simplement avoir volé 300 euros du contenu de la recette. « J’allais voir des gens que je connaissais car j’y ai travaillé. Tout était ouvert, c’était cassé déjà. Mais mo,i je suis pas monté dans le bureau, rien. Y’avait un sac des billets dedans, là où on fait le pain. Moi, une fois la poche prise, j’ai compté, y’avait 300 euros, » déclare André à la barre. « Vous exagérez ! La recette était de 2 000 euros, de plus vous avez compté l’argent le lendemain et vous aviez dit que vous étiez tellement shooté que vous aviez perdu quelques pièces en chemin», corrige la présidente du tribunal.

En ce qui concerne la deuxième affaire, l’individu aurait volé, le 15 mars 2011, la recette de quatorze caisses du magasin Leclerc Ormeau de Tarbes. Le vol a eu lieu en pleine après-midi, André a été filmé de son arrivé sur le parking du centre commercial à son départ. Voici ce que montre la vidéo. A 16h 48, l’individu arrive à la caisse centrale, va dans les bureaux de derrière et ferme la porte à clé. Pour se munir de la clé, il faut ouvrir les tiroirs les plus proches des bureaux. A 16h51, il ressort des bureaux, ouvre tous les tiroirs de la caisse centrale « J’ai cherché dans les caisses des élastiques » déclare t-il.  Puis il retourne dans les bureaux (où il n’y a pas de caméra) et y reste 18 minutes. « J’y suis pas resté moi ! J’ai fouillé les deux tiroirs pour trouver des kleenex !», s’indigne le prévenu. La présidente lui répond : «Et c’est précisément dans un de ces deux tiroirs que se trouve la clé ! Et plus tard vous viendrez rapporter la clé !» Puis il ressort et remet quelques choses dans le plus proche tiroir. Il va ensuite une minute aux toilettes et retourne à sa voiture. C’est alors qu’une caissière vient à la caisse centrale et s’aperçoit qu’un vol a été commis car les 14 caisses sont fracturées. « C’est pas comme ça que ça s’est passé » se défend André, puis il ajoute « C’est facile de me mettre ça, je suis connu de la justice, je sais ce que je dis, je connais personne du magasin, ce que vous dites est arrangé à votre sauce ! »

«On vous filme Monsieur !» rétorque la présidente. Pour sa défense, André explique « J’ai été à cette porte (celle des bureaux où l’agent se trouve) pensant que c’était les toilettes ! Puis je suis sorti, j’ai vu « Toilettes » clignoter, sérieux !».

Mme la Procureur explique : «Pour les anciens faits, il minimise et aujourd’hui conteste ! Il est clair que ce n’est pas sa première condamnation. A l’écouter, il n’est jamais là au bon endroit au bon moment ! Il y a des incohérences dans son discours. Je demande de ne pas écarter al peine planchée de deux ans, je vous demande de l’appliquer !». La société de l’Ormeau se considère partie civile et demande le dédommagement de l’argent volé soit 4 259,18 euros.

L’avocat du prévenu défend ensuite André avec les arguments suivants : «Je pense qu’il s’exprime clairement, il en veut pas tergiverser, il vous l’a dit, il en voulait pas commettre de vol. Pourquoi pas, mon client serait passé après un cambriolage ! Moi, j’attends les résultats des empreintes digitales. Je le conteste énergiquement, il s’est trompé de porte en voulant aller aux toilettes et nous n’avons pas retrouvé l’agent chez lui. Pour l’affaire de 2008, quelqu’un serait passé avant. Et pour celle-ci, quelqu’un serait passé après ! »

Le jugement est rendu, André écope de deux de prison et d’un sursis de 1 mois. Il devra aussi rembourses les 4 259,18 euros volés.

Compte rendu d’audience, Margaux Laballe (Tarbesinfo).

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