Paul Chastellain s'est éteint il y a 30 ans. Avant d'être maire de Tarbes, il fut l'une des figures de la résistance dans les Hautes-Pyrénées (Pyrénéesinfo Tarbes, DR).

Paul Chastellain s’est éteint il y a 30 ans. Avant d’être maire de Tarbes, il fut l’une des figures de la résistance dans les Hautes-Pyrénées (Pyrénéesinfo Tarbes, DR).

Il y a 30 ans s’éteignait une figure politique de notre département, de notre ville : Paul Chastellain. Tout le monde se souvient de cet instant tragique d’un certain soir de 2éme tour de l’élection municipale à Tarbes, le 13 Mars 1983. Alors qu’il venait tout juste d’apprendre sa réélection avec 55% des voix, une crise cardiaque le terrassa.

Elu maire en 1977, il succéda a Paul Boyrie, chef de file de la droite Tarbaise a l’époque. Une revanche en quelque sorte, pour ce militant communiste qui fut conseiller municipal dès après la guerre de 1947 à 1959 et qui fut présent sur la liste de Raymond Peyrès, conseiller Général PCF élu maire en 1953 et déboulonné seulement 3 mois après, à la suite de renversements d’alliances douteux.

30 ans après, la mémoire de cet homme dont la vie fut marquée par son combat opiniâtre et incessant pour la liberté et contre les injustices, est vive.

Un combat qui le conduisit jeune arsenaliste communiste de 18 ans à prendre dès 1939 la clandestinité pour rejoindre le combat contre l’occupant nazi. C’est au cours de cette période difficile, alors qu’il assumait d’importantes responsabilités au sein des F.T.P. qu’il rencontra Yvonne, devenue la compagne de toute sa vie, elle-même officier F.T.P. à la Libération.

En Aout 1943 Lucien Rumeau et son épouse, instituteurs dans le haut Nistos et Joseph Plantat, boulanger à St Laurent de Neste créèrent le maquis de Nistos, il sera commandé par Paul Chastellain dit « Popaul » Ce groupe prendra le nom de « Marat ». En Mars 1944 ce maquis fusionnera avec les éléments d’Esparros pour devenir la 3201éme compagnie FTPF.

Dans ce groupe, il y avait des camarades, dont les noms sont encore aujourd’hui dans la mémoire des communistes Bigourdans, comme Emilienne Rivière, Fernand Perebosh, Annie Bordedebat, Louis Torres, André Aguinalin… et bien d’autres. Commandant des FTPF, il fut envoyé comme responsable dans les Départements du Tarn et Garonne, du Lot et Garonne et du Gers. A la libération du Département il rejoint l’armée légale sur le front de l’atlantique. Il fut décoré de la croix de guerre et de la médaille de la résistance. Et dans ce département, beaucoup savent les efforts de solidarité déployés durant des décennies par Paul, pour aider par tous les moyens possibles, le combat des antifascistes espagnols.

A la Libération, Paul a repris ses activités à l’Arsenal de Tarbes sur le plan syndical et politique. Ce qui lui a valu, quelques année plus tard en 1950, sous le prétexte d’avoir participé à une manifestation contre la visite à l’Arsenal, d’une délégation d’Américains et d’Italiens conduite par le Général Rigway, d’être révoqué avec 115 de ses camarades. Ce n’est qu’en 1969 qu’ils furent tous réintégrés.

Cette parenthèse n’a pas empêché Paul de poursuivre, avec les qualités qu’on lui connaissait, ses activités politiques. Et pas des moindres. Elu conseiller Général de Tarbes Nord de 1964 à 1973, siège qu’avait occupé de 1945 à 1951 son camarade de parti et lui aussi révoqué de l’arsenal, Marcel Biard, puis du canton de Tarbes 3 de 1973 à 1983, il assuma également les fonctions de Secrétaire de la Fédération du Parti Communiste des Hautes Pyrénées depuis 1951, ainsi que membre du Comité central depuis 1964. Il quitta ces deux dernières responsabilités en 1977 pour la Fédération et en 1979 pour le comité central, pour se consacrer à sa tache de Maire de Tarbes.

A la tête d’une liste d’union de la Gauche, Paul a vite démontré des aptitudes à occuper ce poste. Il donna, un nouvel élan, une nouvelle orientation à la gestion de la ville. Paul était un ouvrier, son engagement pour l’emploi industriel, ses combats aux cotés des travailleurs de la Céraver, de ceux de Hugues Tool, du bâtiment, le rappellent. Il impulsa également une nouvelle politique des quartiers notamment avec la valorisation de Laubadère, du Figarol, la construction avec son ami et adjoint Jean Teytaut du quartier de L’ormeau. Il fut aussi à l’origine de la mise en place de la cuisine centrale, de la création de la CCAS. Homme de culture, c’est grâce a son impulsion que le théâtre des nouveautés, ancien cinéma Impérial, fut rénové ainsi que le conservatoire de musique. Et ce furent bien d’autres réalisations de son vivant, ou projets concrétisés par ceux qui lui succédèrent, je pense notamment à Raymond Erraçarret, Josette Soulier, Jean Vieu et d’autres qui poursuivirent l’action de Paul.

Je n’ai pas connu (et j’ai envie de dire hélas) Paul, mais il arrive fréquemment que son souvenir soit évoqué autour de moi, tant son empreinte humaine, militante d’élu proche des gens, ont durablement marqué, le département, la ville, notre fédération. C’est au nom de celle-ci, de ses amis, de ses camarades que je tenais à saluer la mémoire de Paul et de redire à sa famille et ses proches toute notre affection.

Hervé Buffat, Secrétaire départemental du PCF.

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