Rendez-vous culturel étonnant ce lundi 17 octobre 2011 grâce à la Scène Nationale du Parvis de Tarbes Ibos qui proposera la pièce de Gwenaël Morin. Antigone sera joué dans la cour du lycée Marie-Curie à Tarbes.

Théâtre brut, sans fioritures, décor minimum, changements à vue, et l’essentiel : une équipe d’acteurs qui ne lésinent pas sur l’engagement. Gwenaël Morin ressuscite l’agitprop sur le plateau et insuffle l’utopie au cœur de son « Théâtre Permanent », lui restituant ainsi une vertu politique : la capacité à transformer les gens, la réalité.

Devant le simple panneau où on peut lire le titre du spectacle – à la fois palais de Créon et tombeau de l’héroïne – se joue une Antigone que Gwenaël Morin et ses complices plantent au cœur de la cité (le spectacle se joue le plus souvent en extérieur), comme une apostrophe adressée à la foule des spectateurs. Une Antigone où plusieurs personnages interprétés par le même acteur se contaminent mutuellement, raison et sentiments mêlés ; où le chœur retrouve une dimension sociale – et festive ; où le tragique ne se joue plus seulement dans l’obsession quasi névrotique de la jeune fille, mais également dans la part maudite de Créon : cette once d’humanité qu’il ne peut ignorer, et qui provoquera sa chute : Antigone borne le pouvoir. Ce qui est en jeu c’est cette idée selon laquelle ça n’est pas le politique qui détermine le sujet. C’est le sujet qui crée le politique. La limite du politique c’est le sujet. L’invention du politique part de l’expérience subjective. C’est ce qui crée du collectif. Le politique ne peut pas inventer les conditions d’une nouvelle subjectivité. C’est la nouvelle subjectivité qui crée les conditions d’une nouvelle politique.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>