Autant vous le dire tout de suite : si vous espériez mettre la peluche du loup Intermarché sous le sapin cette année, préparez-vous à une déception. Ce petit personnage poilu qui fait craquer Internet depuis début décembre ne sera pas disponible à temps pour Noël. Frustrante, cette nouvelle ? Sans doute. Mais l’histoire vaut le détour.
Quand un loup végétarien devient la star mondiale de Noël
Tout a commencé le 6 décembre 2025. Intermarché balance sa pub de Noël et là, c’est le carton absolu. En une semaine à peine, le film dépasse les 600 millions de vues. Vous avez bien lu : 600 millions. Thierry Cotillard, le patron du Groupement Mousquetaires, annonce même qu’on va frôler le milliard de vues mi-décembre. Du jamais vu pour une pub d’enseigne française.
L’histoire ? Un loup qui se sent rejeté par les autres animaux de la forêt décide de tout tenter pour se faire accepter. Sa solution ? Devenir végétarien et mitonner des petits plats à base de légumes. Le tout bercé par la voix de Claude François chantant « Le Mal-aimé ». Simple, touchant, universel. La recette parfaite.
Ce qui rend le succès encore plus savoureux, c’est qu’il est 100 % made in France. Le studio montpelliérain Illogic Studios, quatre copains formés à Supinfocom Arles, a tout créé à la main. Pas d’intelligence artificielle dans cette histoire. Juste du talent, de la patience et une sacrée dose de sensibilité artistique. Pour le design du loup, ils ont même fait appel à l’Allemande Wiebke Rauers, spécialisée dans les livres pour enfants. Résultat : un personnage qui fait fondre les cœurs de 7 à 77 ans.
D’ailleurs, petit effet collatéral rigolo : les écoutes de « Le Mal-aimé » de Claude François ont été multipliées par quatre depuis la diffusion du spot. Même Cloclo fait son comeback grâce à un loup en peluche virtuel.
Pas de peluche pour Noël 2025, Intermarché a été pris de court
« On a été pris de court », avoue franchement Thierry Cotillard sur le plateau du 20 heures de France 2. L’enseigne ne s’attendait clairement pas à un tel raz-de-marée. Et quand tout le monde se met à réclamer la peluche, impossible de claquer des doigts pour la faire apparaître dans les rayons.
Pourquoi ce délai ? Intermarché a fait un choix radical : pas question d’importer en urgence des peluches fabriquées en Chine juste pour profiter du buzz. « On a fait le choix d’être cohérent et de ne pas importer ça de Chine », explique le patron. La peluche sera française et européenne, point barre. Une décision courageuse mais qui impose des délais de production incompressibles.
Quelques exemplaires vont quand même voir le jour d’ici fin décembre. Une centaine, pas plus. Mais ne vous emballez pas : elles ne seront pas mises en vente. Intermarché va les offrir à des associations pour les enfants. Une belle intention mais qui ne règle pas le problème des milliers de personnes qui en veulent une.
Rendez-vous en 2026 pour la vraie peluche
L’engagement est pris : la peluche sera au pied du sapin en 2026. Thierry Cotillard l’a promis noir sur blanc. Les fans devront donc patienter près d’un an avant de mettre la main sur le précieux sésame. Dur d’attendre quand on voit l’engouement actuel.
Cette attente forcée crée une situation marketing inédite. D’un côté, la frustration risque de retomber. Douze mois, c’est long sur Internet où les tendances changent à la vitesse de l’éclair. De l’autre, cette rareté artificielle (même si involontaire) pourrait bien décupler le désir d’achat quand le produit débarquera enfin.
Mystère total sur le prix
Combien coûtera la fameuse peluche ? Mystère et boule de gomme. Intermarché n’a communiqué aucun chiffre pour l’instant. On peut quand même faire quelques hypothèses. Une fabrication française coûte plus cher qu’une production asiatique, c’est un fait. Mais l’enseigne va devoir trouver le juste équilibre entre un prix qui reflète la qualité et un tarif accessible à ses clients habituels.
Les contrefaçons qui circulent déjà en ligne affichent des prix autour de 14,90 euros. Sera-ce dans ces eaux-là pour la version officielle ? Difficile à dire. Réponse dans les mois à venir, quand l’enseigne dévoilera enfin ses cartes.
Alerte rouge : les arnaques pullulent déjà
Évidemment, quand il y a de la demande et pas d’offre officielle, les escrocs sortent du bois. Des sites frauduleux ont fleuri en quelques jours seulement. Le plus connu : le-mal-aime.fr, qui proposait la peluche à 14,90 euros avec livraison express avant Noël. Trop beau pour être vrai ? Forcément, c’est une arnaque.
Intermarché a d’ailleurs dû sortir du bois pour alerter les consommateurs. « Ces sites n’ont aucun lien avec Intermarché ni avec le studio ayant créé la publicité », prévient l’enseigne. Traduction : vous risquez de vous faire escroquer vos données bancaires pour recevoir au mieux une peluche dégueulasse, au pire rien du tout.
Le conseil est simple : méfiez-vous de tout site qui propose actuellement la peluche à la vente. Si c’est trop beau, trop rapide, trop facile, c’est louche. La seule source fiable pour le moment reste les communications officielles d’Intermarché sur ses propres canaux.
Une petite consolation en attendant
Histoire de ne pas laisser les fans complètement sur leur faim, Intermarché a dégoté une solution temporaire plutôt sympa. Depuis mi-décembre 2025, près de 1 000 magasins équipés de cabines Photomaton proposent un service inédit : pour 3 euros, vous pouvez vous faire tirer le portrait avec le loup.
Le principe ? Vous entrez dans la cabine, vous posez avec votre plus beau sourire et la magie de l’intelligence artificielle (celle-là, elle a le droit d’exister) vous colle à côté du loup dans un décor de pull de Noël. C’est mignon, c’est accessible et ça permet de repartir avec un petit souvenir en attendant la vraie peluche.
Cette opération éclair est née d’un coup de fil entre Me-Group (qui gère les Photomaton) et Thierry Cotillard. Proposée dans le week-end, validée dans la foulée et lancée quelques jours plus tard. Quand on veut, on peut.
Pourquoi ce loup nous touche autant
Au fond, qu’est-ce qui explique ce succès démesuré ? Le loup incarne quelque chose d’universel : le rejet, la différence, l’envie désespérée d’être accepté. Combien d’entre nous se sont sentis comme ce loup un jour ou l’autre ? Mal compris, mis à l’écart, obligés de se plier en quatre pour trouver leur place.
Le coup de génie du scénario, c’est que le loup ne renonce pas à ce qu’il est. Il reste un loup. Mais il trouve un terrain d’entente en cuisinant des légumes. Cette quête d’acceptation résonne particulièrement aujourd’hui, à une époque où les questions d’inclusion et de vivre-ensemble sont au cœur des débats.
La chanson de Claude François renforce encore cette dimension émotionnelle. « Le Mal-aimé » parle de solitude et d’incompréhension. Exactement ce que vit le personnage à l’écran. Cette concordance parfaite entre les images et les paroles crée une émotion qui transcende les générations. Les grands-parents qui ont dansé sur Cloclo et les petits-enfants qui découvrent la chanson : tout le monde est touché.
Un cas d’école marketing (même si ce n’était pas voulu)
Intermarché se retrouve dans une position que beaucoup de marques rêveraient d’avoir : une demande folle pour un produit qui n’existe pas encore. Cette rareté, même involontaire, transforme la future peluche en objet de désir absolu. Le cadeau que tout le monde voudra en 2026.
La décision de privilégier une fabrication française plutôt que de céder à la facilité d’une production express en Asie mérite d’être soulignée. Certes, ça rallonge les délais. Mais ça renforce considérablement le positionnement de la marque sur la qualité et la cohérence. Dans un monde où les consommateurs scrutent de plus en plus l’origine des produits, ce choix pourrait bien payer.
L’enseigne va maintenant devoir gérer un défi de taille : garder l’attention du public pendant presque un an. Chaque annonce sur l’avancement de la fabrication, chaque teasing sur la peluche sera scruté. La pression est énorme mais l’opportunité l’est tout autant.
Le bilan pour Noël 2025
Soyons clairs : aucune peluche officielle ne sera disponible pour Noël 2025. Les cent exemplaires produits cette année iront exclusivement à des associations. Si quelqu’un vous propose de vous en vendre une, fuyez. C’est soit une arnaque, soit une contrefaçon bas de gamme.
Pour les fans inconsolables, reste l’option Photomaton dans les magasins Intermarché. Trois euros pour une photo souvenir, ce n’est pas la peluche mais c’est mieux que rien. Et puis il y a l’option la plus simple : patienter jusqu’en 2026 en croisant les doigts pour que l’engouement soit toujours là.
Car au-delà du produit lui-même, cette histoire montre une chose : les meilleures campagnes publicitaires sont celles qui touchent le cœur avant de viser le porte-monnaie. Intermarché a créé bien plus qu’un simple spot promotionnel. Le studio Illogic a accouché d’un vrai phénomène culturel qui dépasse largement les frontières de l’Hexagone.
Reste à voir si la magie opérera toujours dans un an. Le pari est risqué mais l’enseigne n’avait pas vraiment le choix. Entre brader ses valeurs avec une production cheap et assumer un délai plus long pour une peluche de qualité, elle a choisi la seconde option. Un pari sur l’avenir qui, espérons-le, sera gagnant.
En attendant, on peut toujours se repasser le film d’animation en boucle. Et il faut bien l’avouer : ce petit loup qui épluche consciencieusement ses carottes a vraiment quelque chose d’irrésistible.


