Qui aurait cru que BlackRock, ce mastodonte de la finance traditionnelle, ferait un jour du Bitcoin son produit le plus juteux ? C’est pourtant ce qui arrive avec l’iShares Bitcoin Trust (IBIT), lancé il y a à peine 435 jours. Ce fonds a déjà rapporté 244,5 millions de dollars de revenus annuels à la firme, battant à plates coutures des ETF qui existent depuis plus de vingt ans.
Un pari risqué qui rapporte gros
En janvier 2024, beaucoup doutaient encore. Les analystes se montraient prudents, les investisseurs institutionnels hésitaient. Pourtant, l’IBIT a défoncé tous les pronostics. Aujourd’hui, il gère 97,8 milliards de dollars d’actifs et n’est plus qu’à 2,2 milliards du seuil mythique des 100 milliards.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, prenons l’exemple du célèbre Vanguard S&P 500. Il lui a fallu plus de 2 000 jours pour atteindre ce niveau. L’IBIT y arrive cinq fois plus vite. Du jamais vu dans l’industrie des ETF.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’IBIT génère maintenant plus d’argent que l’iShares Russell 1000 Growth (219,3 millions) ou l’iShares Core S&P 500 (210,3 millions). Pas mal pour un nouveau venu !
Larry Fink, de sceptique à converti
L’histoire de Larry Fink avec le Bitcoin ressemble à une conversion sur le chemin de Damas. Le patron de BlackRock, jadis méfiant envers les cryptomonnaies, est devenu l’un de leurs plus fervents défenseurs sur Wall Street.
« IBIT est l’ETF à la croissance la plus rapide de l’histoire », avouait-il en mars dernier, visiblement surpris par son propre succès.
Ce revirement illustre parfaitement l’évolution du secteur financier. Le Bitcoin n’est plus perçu comme un gadget de geeks, mais comme une vraie alternative à l’or et aux placements traditionnels.
La guerre des ETF Bitcoin fait rage
Sur le ring des ETF Bitcoin américains, BlackRock écrase littéralement la concurrence. Avec 60% de parts de marché et plus de 800 000 bitcoins en portefeuille, l’IBIT fait la loi.
Son principal rival, le FBTC de Fidelity, se défend bien côté performance – 137,65% de gain contre 137,32% pour l’IBIT sur un an – mais reste largement distancé en volume.
Comment BlackRock a-t-il réussi ce coup de maître ? Grâce à sa réputation, son carnet d’adresses bien rempli et surtout sa capacité à rassurer les gros investisseurs institutionnels encore frileux face aux cryptos.
Une machine à cash bien huilée
Avec des frais de 0,25% sur près de 100 milliards d’actifs, l’IBIT fonctionne comme une vraie machine à imprimer des billets. Cette commission, dans la moyenne du marché, génère un flux régulier de revenus qui fait saliver les actionnaires de BlackRock.
L’argent arrive de partout : particuliers fortunés, fonds de pension, compagnies d’assurance… Tout le monde veut sa part du gâteau Bitcoin, mais dans un cadre rassurant et régulé.
Preuve de cet engouement, l’ETF a récemment encaissé 1,8 milliard de dollars en une seule journée. Un record qui en dit long sur l’appétit des investisseurs.
Bitcoin entre dans la cour des grands
Le triomphe de l’IBIT dépasse largement les frontières de BlackRock. Il marque l’entrée officielle du Bitcoin dans le club très fermé des actifs financiers respectables.
Des investisseurs qui n’auraient jamais touché aux cryptos directement n’hésitent plus à y aller via cet ETF. Cette démocratisation par les canaux traditionnels change complètement la donne pour tout le secteur.
BlackRock ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. La firme lorgne déjà sur d’autres cryptomonnaies, notamment Ethereum, pour élargir sa gamme de produits alternatifs.
La course vers les 100 milliards
Plus que 2,2 milliards à collecter et l’IBIT franchira la barre symbolique des 100 milliards de dollars. Au rythme actuel, cela pourrait arriver dans quelques semaines tout au plus.
Cette performance placerait définitivement l’IBIT au cinquième rang des fonds BlackRock par la taille, devant des concurrents rodés depuis des décennies. Pas mal pour un petit nouveau qui fêtera bientôt ses deux ans !
Les flux d’investissement ne montrent aucun signe de ralentissement. Entre l’adoption croissante du Bitcoin et la recherche de diversification face aux turbulences économiques, l’IBIT a encore de beaux jours devant lui.
Au final, cette success story prouve qu’en finance, les révolutions peuvent aller très vite. En moins de deux ans, BlackRock a non seulement créé son produit le plus rentable, mais aussi redéfini les règles du jeu pour toute l’industrie des ETF.


