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Passe Navigo : nouvelle claque pour les Franciliens, le prix explose encore en 2026 !

Mauvaise nouvelle pour les usagers franciliens. Le passe Navigo devrait passer à 90,80 euros par mois à partir du 1er janvier 2026, contre 88,80 euros actuellement. Une hausse de 1,20 euro qui franchit pour la première fois le cap symbolique des 90 euros.

Le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités doit se prononcer ce vendredi sur cette augmentation de 2,3 %. Le tarif définitif sera voté en décembre. En version annuelle, le forfait atteindra 998,80 euros, soit près de 1 000 euros par an.

Un accord qui programme les hausses jusqu’en 2031

Cette augmentation s’inscrit dans le cadre d’un accord signé en 2023 entre Île-de-France Mobilités et le gouvernement. Le principe : les tarifs augmentent chaque année selon la formule « inflation + 1 % ». Avec une inflation prévue à 1,3 % pour 2026, la hausse de 2,3 % respecte donc cet engagement.

Île-de-France Mobilités justifie cette politique par les investissements nécessaires pour moderniser le réseau. En ligne de mire : 200 kilomètres de nouvelles lignes de métro d’ici 2031 avec le Grand Paris Express, le prolongement du RER E et le renouvellement complet des bus et trains. Des chantiers pharaoniques qui pèsent sur le budget de l’autorité des transports, estimé à 13 milliards d’euros par an.

Les étudiants aussi touchés

Le forfait Imagine R n’est pas épargné. Après une première hausse de 9,90 euros en septembre 2025, ce pass étudiant devrait encore grimper en septembre 2026, passant de 392,30 euros à 401 euros pour l’année scolaire 2026-2027. En 2015, il coûtait 333,90 euros. Soit 67 euros de plus en dix ans.

« On ne pense pas aux bas salaires »

Sur le terrain, les réactions sont mitigées. « Plus ça va, plus ça augmente. Je ne sais pas si on pense aux bas salaires », confie un usager. Pour beaucoup de Franciliens, le Navigo pèse de plus en plus lourd dans le budget mensuel.

Marc Pelissier, président de la Fnaut (Fédération nationale des associations d’usagers des transports), adopte un ton plus mesuré. Il juge cette hausse « raisonnable », à condition qu’elle s’accompagne d’améliorations concrètes sur le réseau. « Il faut se faire à l’idée que ça augmentera chaque année. Le coût de fonctionnement du réseau augmente », explique-t-il. Il réclame toutefois un meilleur dédommagement pour les usagers des lignes défaillantes.

L’association pointe aussi une « double peine » : en janvier 2025, le ticket de métro est déjà passé à 2,50 euros, soit 35 centimes de plus. « Ça va faire beaucoup pour certains », estime Marc Pelissier, qui appelle à simplifier la tarification sociale jugée trop complexe.

Sept hausses en dix ans

C’est la septième fois que le Navigo augmente depuis l’élection de Valérie Pécresse à la tête de la région en 2015. Paradoxe : elle avait promis de ne jamais toucher au prix du forfait. À l’époque, il coûtait 70 euros. En 2026, il en coûtera 90,80. Soit une progression de 30 % en dix ans.

Les hausses se sont accélérées ces dernières années. En janvier 2023, le tarif avait bondi de 12 %, passant de 75,10 euros à 84,10 euros. Puis 86,40 euros en 2024, 88,80 euros en 2025, et bientôt 90,80 euros.

L’opposition monte au créneau

Céline Malaisé, élue communiste au conseil régional, dénonce des « choix de gestion néfastes ». Elle pointe notamment la privatisation du réseau de bus et la mise en concurrence des lignes de grande couronne, « très coûteuse ». Selon elle, ces dépenses sont « bien loin des attentes des Franciliens qui subissent la dégradation du réseau ».

L’opposition reproche à la majorité régionale de faire porter l’effort sur les usagers plutôt que de chercher d’autres sources de financement. Sur les réseaux sociaux, les critiques fusent : « Au 1er janvier 2026, le passe Navigo coûtera plus de 90 euros par mois et quasi 1 000 euros par an. Une décision de Valérie Pécresse. »

Un budget sous tension

Île-de-France Mobilités fait face à plusieurs difficultés financières. La suppression de la taxe sur les carburants (TICPE) a fait perdre 90 millions d’euros de recettes annuelles. À cela s’ajoute la fraude, estimée à 700 millions d’euros par an. Valérie Pécresse a promis de la diviser par deux d’ici fin 2025, mais les résultats se font attendre.

L’accord de 2023 prévoit aussi que les collectivités locales (région, départements, Paris) augmentent leurs contributions à hauteur de l’inflation + 2 %. Un effort nécessaire pour boucler un budget plombé par les investissements du Grand Paris Express.

Quelles perspectives ?

Les Franciliens doivent désormais se faire à l’idée : le Navigo augmentera chaque année jusqu’en 2031, au rythme de l’inflation + 1 %. Une formule mécanique qui limite les hausses brutales, mais garantit une progression continue. Avec l’inflation actuelle, le forfait pourrait atteindre 100 euros d’ici quelques années.

Le passe annuel reste l’option la plus économique puisqu’il permet d’économiser un mois de paiement. Mais pour les usagers occasionnels ou aux revenus modestes, la facture devient de plus en plus salée. D’autant que la qualité de service sur certaines lignes laisse encore à désirer.

Rendez-vous en décembre pour connaître les tarifs définitifs de 2026.

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