Jean Jaurès lors de son discours de 1913.

Jean Jaurès lors de son discours de 1913.

Il y a 100 ans, le 31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné, alors que la Première Guerre Mondiale allait ravager l’Europe. Cent ans après, le discours de Jean Jaurès reste gravé dans les mémoires. Parmi ceux qui perpétuent la mémoire du citoyen et homme politique, voici la tribune du Parti de Gauche des Hautes-Pyrénées.

« Nous sommes en l’année 1892. Si loin de nous et pourtant…

Jean-Baptiste Calvignac, ouvrier, mineur, syndicaliste et SOCIALISTE vient d’être élu Maire de Carmaux. La sanction est immédiate. Le conseil d’administration de la « compagnie des mines » et l’un de ses hommes forts le Marquis De Solage par ailleurs député de la République pour la circonscription de Carmaux et propriétaire des mines, le licencient  au motif d’absences répétées dues à ses nouvelles fonctions de Maire.

La grande grève des ouvriers de Carmaux éclate alors pour défendre leur Maire, le suffrage universel et le droit des ouvriers à s’exprimer en politique… Le gouvernement envoi la troupe au nom de la « liberté du Travail » prenant  ainsi parti pour le patronat contre les grévistes…

S’élève alors la voix de JAURES fustigeant une République représentée par des ministres et des députés inféodés aux financiers et aux capitalistes. Les débats sont acharnés et in fine le gouvernement recule, Solage démissionne de son mandat député et Calvignac est réintégré,

C’est sans doute dans ce grand moment de lutte ouvrière que JAURES jusqu’alors Républicain bourgeois affirma sa conviction SOCIALISTE et l’ardente nécessité de la REPUBLIQUE SOCIALE lui permettant de clamer à la chambre des députés fin 1893 :

« … par le suffrage universel, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. C’est d’eux, c’est de leur volonté souveraine qu’émanent les lois et le gouvernement ; ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres; mais au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage Oui ! Au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré. Il peut être chassé de l’atelier, il ne collabore pas aux règlements d’atelier qui deviennent tous les jours plus sévères et plus captieux, et qui sont faits sans lui et contre lui. » Citoyens partout et toujours donc.

Comment ne pas trouver dans cet épisode Carmausin et cette déclaration le très exact opposé de ce que nous impose l‘actuel gouvernement prétendument socialiste. Comment ne pas trouver choquant et provocateur un Président de la République déclarant à Carmaux, certes sous les huées, que sa  politique avait « pour boussole la pensée de JAURES » ou encore ce premier ministre insinuant que le GRAND HOMME aurait voté le pacte de responsabilité. Peut on imaginer un seul instant JAURES  cautionnant un pacte « d’irresponsabilité »  apportant aux capitalistes financiers les capitaux nécessaires à la satisfaction des actionnaires au détriment des ouvriers. Comment imaginer JAURES favorable à l’ANI qui dévalorise et précarise les travailleurs. Comment imaginer JAURES approuvant des « réformes » qui ne sont que régressions sociales, parlant d’assistanat au lieu de solidarité, insistant sur  le travailleur salarié qui devient un nanti et le fonctionnaire un privilégié ou encore appelant à la fin des grèves au motif qu’il serait le défenseur du service public … Enfin, et surtout comment imaginer Hollande en héritier de JAURES !

Lui qui lui rappellerait surement : « Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre ».

A l’approche du triste centenaire de son assassinat par un « illuminé» nationaliste, nous aurions pu écrire sur JAURES le pacifiste, Mais bon nombre vont s’y attacher, y compris les héritiers de ceux qui dès le premier août 1914, lendemain de son assassinat, rallièrent une UNION SACREE prélude à l’une des plus grande tragédie humaine de l’histoire. Pour notre part Nous avons donc choisi de vous parler de JAURES et du Socialisme car aucun des combats qui malheureusement nous occupent encore aujourd’hui ; adresse à la jeunesse, lutte contre l’antisémitisme, défense des conquêtes sociales, défense de la citoyenneté, avènement d’une République Sociale… ne lui étaient étranger. Et nous savons nous qu’aujourd’hui encore il porterait notre flamme.

Parti de Gauche des Hautes Pyrénées : Alain Delpeyroux »

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