Manifestations du 18 septembre : pourquoi 98 % des pharmacies ont choisi de fermer leurs portes

Le 18 septembre 2025 restera une date marquante pour le secteur pharmaceutique en France. Une mobilisation nationale exceptionnelle a conduit à la fermeture de 98 % des pharmacies sur l’ensemble du territoire. Ce mouvement social inédit s’est traduit par 84 rassemblements, dont un cortège principal à Paris, où des milliers de pharmaciens ont défilé entre les Invalides et le ministère de la Santé. Cette journée d’interpellation témoigne d’une unité syndicale forte face à une réforme perçue comme une menace directe pour l’avenir des officines.

Au cœur de cette contestation, la réforme gouvernementale visant à réduire les remises sur les médicaments génériques, initialement fixées à 40 %, qui passeront à 30 % dès 2025, puis à 20 % en 2027. Ce recul des marges est perçu par les professionnels comme un coup dur pouvant entraîner des conséquences économiques désastreuses pour les pharmacies de proximité.

Une mobilisation nationale sans précédent

Avec 98 % des pharmacies fermées, la mobilisation du 18 septembre 2025 s’impose comme l’une des plus fortes jamais observées dans le secteur. Partout en France, 84 rassemblements ont eu lieu, rassemblant des pharmaciens, leurs équipes et des représentants syndicaux. À Paris, le cortège principal a rassemblé des milliers de manifestants, partant des Invalides pour rejoindre le ministère de la Santé, symbolisant une protestation claire et déterminée.

Les syndicats majeurs, notamment la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine (Uspo), ont appelé à cette « journée d’interpellation » pour faire entendre la voix d’un secteur en danger. Cette forte unité syndicale souligne l’ampleur du malaise et la volonté de défendre un modèle économique qui semble aujourd’hui menacé.

La réforme des remises sur les génériques : un coup dur pour les officines

La pierre d’achoppement de ce mouvement social est la nouvelle politique de réduction des remises sur les médicaments génériques. Actuellement fixées à 40 %, ces remises doivent baisser à 30 % en 2025, puis à 20 % en 2027. Ce changement, présenté par le gouvernement comme un moyen de réduire les dépenses de santé, est perçu par les pharmaciens comme une attaque directe contre leur rentabilité.

La baisse des marges sur ces produits génériques, qui représentent une part importante du chiffre d’affaires des officines, risque de peser lourd sur leur équilibre financier. Cette réforme est ainsi considérée comme une menace économique majeure pour un secteur déjà fragile.

Des pertes financières bien plus lourdes que prévues

Si l’État estime la perte moyenne à environ 4 000 euros par pharmacie chaque année, les professionnels dénoncent un impact bien plus sévère. Selon les estimations internes, la perte réelle pourrait se situer entre 15 000 et 30 000 euros par officine et par an. Une différence colossale qui explique en grande partie la détermination des pharmaciens à faire front.

Conséquences redoutées sur le maillage territorial

Ce recul des marges risque de provoquer la fermeture massive de pharmacies, avec un scénario pessimiste évoquant la disparition de 5 000 à 6 000 officines sur les 20 000 existantes en seulement trois ans. Cette hémorragie porterait un coup sévère à l’accessibilité des soins pharmaceutiques, accentuant le risque de déserts pharmaceutiques dans de nombreuses régions, en particulier les zones rurales et périurbaines.

La mobilisation comme levier pour un dialogue avec l’État

Face à cette situation, les pharmaciens exigent le rétablissement du plafond de remise à 40 % comme condition préalable à toute négociation avec le gouvernement. Cette revendication ferme traduit un refus catégorique d’accepter une réforme qu’ils jugent « mortifère » pour leur activité.

Les syndicats ont insisté sur le caractère non seulement économique mais aussi social de cette bataille, soulignant que la survie des pharmacies est essentielle pour garantir un accès équitable aux soins sur tout le territoire.

Pharmacies ouvertes et services de garde

Malgré la quasi-totalité des officines fermées, certaines officines sont restées ouvertes en raison de réquisitions préfectorales, assurant ainsi le service minimum nécessaire pour les gardes pharmaceutiques. Ces officines sont listées par les agences régionales de santé, permettant aux patients de connaître les points de dispensation disponibles pendant cette journée de mobilisation.

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